Santé

IVG médicamenteuse ou curetage : mon témoignage et mes conseils pour l’après

Que ce soit suite à une grossesse non désirée ou à une grossesse arrêtée (fausse couche), devoir passer par une intervention médicale est toujours une épreuve redoutée. Quand on m’a posé la question : « Préférez-vous la méthode médicamenteuse ou l’aspiration (curetage) ? », je me suis sentie totalement démunie.

Sur les forums, on lit tout et son contraire. Certaines femmes parlent de douleurs insupportables, d’autres d’une simple formalité. Pour vous aider à y voir plus clair au milieu de la tempête, j’ai décidé de vous partager ce témoignage, sans aucun tabou, sur la réalité de ces deux méthodes.

Avertissement Médical : Je partage ici mon vécu de femme. Je ne suis pas médecin. Chaque corps réagit différemment. Pour toute question médicale, ou si vous avez des saignements très abondants, contactez votre gynécologue, les urgences, ou le Numéro Vert National IVG au 0800 08 11 11 (gratuit et anonyme).


L’IVG médicamenteuse : comment ça se passe vraiment ?

C’est souvent la méthode proposée en première intention (jusqu’à 7 semaines de grossesse en ville, 9 semaines à l’hôpital).

Le principe est de prendre deux médicaments différents à 48h d’intervalle : le premier pour arrêter la grossesse, le second pour provoquer les contractions et l’expulsion.

  • Le déroulement à la maison : la prise du deuxième comprimé se fait souvent chez soi. C’est l’aspect « pratique » mais aussi le plus effrayant car on doit gérer seule.
  • La douleur (Soyons honnêtes) : on entend souvent dire que ce sont « comme de grosses règles ». Pour ma part, les crampes ont été beaucoup plus intenses que de simples règles. Mon conseil en or : n’attendez pas d’avoir mal pour prendre les anti-douleurs (Ibuprofène/Spasfon) prescrits par le médecin. Prenez-les en même temps que le deuxième médicament.
  • Les saignements : ils sont abondants. Prévoyez des serviettes hygiéniques de type « nuit » (très épaisses) ou même des culottes menstruelles post-partum. Fuyez les tampons (risque d’infection). Prévoyez une bouillotte chaude sur le ventre et votre série préférée.

Le curetage ou l’aspiration instrumentale : Le choix de « l’endormissement »

L’autre option (possible jusqu’à 14 semaines de grossesse) est l’intervention chirurgicale. Elle consiste à dilater le col de l’utérus et à aspirer le contenu utérin à l’aide d’une petite canule.

  • L’anesthésie : c’est souvent ce qui fait pencher la balance. Vous avez le choix entre une anesthésie locale ou générale. Avec la générale, vous vous endormez, et quand vous vous réveillez 20 minutes plus tard, tout est fini.
  • Le réveil et la douleur : contrairement aux médicaments, les douleurs post-opératoires sont souvent très faibles (quelques tiraillements). Les saignements durent moins longtemps et sont beaucoup moins impressionnants.
  • Le vrai bémol : c’est une journée complète à l’hôpital (en ambulatoire). Il y a le stress du bloc opératoire, la pose de la perfusion, et on se sent parfois très « médicalisée ».

Si vous traversez cette épreuve suite à l’arrêt spontané de votre grossesse, lisez mon article dédié : Fausse couche : ce que personne ne vous explique sur l’après.


Quel est le « meilleur » choix ?

Il n’y en a pas.

Si vous voulez « contrôler » le processus, rester dans le cocon de votre maison et éviter le bloc opératoire, les médicaments sont faits pour vous.

Si vous êtes terrorisée par la vue du sang, par la douleur des contractions, et que vous voulez que ce soit « vite fait et qu’on n’en parle plus », l’aspiration sous anesthésie générale est beaucoup plus douce psychologiquement.


L’après : Ne sous-estimez pas le contre-coup

Une fois que le corps a fait son travail (que l’échographie de contrôle a confirmé que l’utérus est bien vide), un grand vide peut s’installer. La chute brutale des hormones de grossesse va jouer sur votre moral.

Laissez-vous le droit de pleurer sous la couette pendant trois jours si vous en ressentez le besoin. Parlez-en à une amie de confiance ou à un psychologue.


Questions fréquentes de femmes (FAQ)

Est-ce qu’une IVG ou un curetage rend stérile ?

Non, c’est une vieille idée reçue. Que vous choisissiez la méthode médicamenteuse ou chirurgicale, ces actes (réalisés par des professionnels dans de bonnes conditions) n’abîment pas l’utérus et ne diminuent en rien vos chances de retomber enceinte plus tard. L’ovulation peut d’ailleurs reprendre dès les semaines qui suivent l’intervention.

Jusqu’à quand peut-on choisir la méthode médicamenteuse ?

En France, l’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse (soit 9 semaines d’aménorrhée) si elle est faite en cabinet de ville, en centre de santé ou en téléconsultation. Elle peut être pratiquée jusqu’à 9 semaines de grossesse à l’hôpital. Au-delà, seule la méthode chirurgicale est possible. (Source : Ameli.fr)

Peut-on se baigner après une IVG ou un curetage ?

C’est formellement déconseillé pendant au moins 2 à 3 semaines. Tant que vous avez des saignements, le col de votre utérus est encore légèrement ouvert. Prendre un bain, aller à la piscine ou utiliser des tampons augmente considérablement le risque d’infection utérine. Privilégiez les douches.